Tout sur les violences gynécologiques et obstétricales

 

Aujourd’hui sur le blog nous allons nous pencher sur un sujet qui n’est pas beaucoup abordé.

C’est un sujet douloureux pour les femmes qui l’ont vécu, mais dont on parle peu : les violences gynécologiques.

 

Cela peut sembler étrange au premier abord, puisque les professionnels de la santé sont là pour prendre soin de nous et nous soigner.

Tout ce qui touche à la sphère gynécologique est particulier et pour une femme, un rendez-vous chez un gynécologue ou une sage-femme n’est jamais anodin.

Cela peut générer du stress, et nous sommes mises à nu dans tous les sens du terme, nous devons exposer notre intimité, nous nous sentons vulnérables.

 

Ces moments devraient se passer dans le plus grand respect et la plus grande douceur, mais malheureusement, ce n’est pas toujours le cas.

 

Qu’appelle-t-on « violences gynécologiques » ?

 

Selon l’IRASF (Institut de Recherche et d’Actions pour la Santé des Femmes), les violences obstétricales et gynécologiques sont « un ensemble de gestes, de paroles et d’actes médicaux qui vont toucher à l’intégrité physique et mentale des femmes ».

 

Elles sont constituées de l’absence :

 

  • de consentement libre et éclairé
  • de choix et de diversité dans l’offre de soin
  • de consentement des actes à des fins d’apprentissage
  • d’anesthésie efficace
  • d’utilité médicale avérée
  • d’exercice des gestes obstétricaux dans un cadre légal
  • d’humanité et de dignité
  • du respect des droits de la patiente
  • de pratiques conformes aux données scientifiques

 

reconnaître violence gynécologique

 

Comment savoir si on a été victime de violences gynécologiques et obstétricales ?

 

Quelques exemples pour mieux les repérer

 

Depuis très peu de temps, la parole des femmes se libère à ce sujet.

 

De nombreuses femmes témoignent de ce qu’elles ont subi afin de mettre en lumière le fait que ce n’est pas normal.

 

Certaines évoquent des gestes brusques et entraînant des douleurs qui sont minimisées par les gynécologues, quand elles ne sont pas accusées de jouer la comédie.

 

D’autres abordent la violence psychologique de la part de certains praticiens, comme des moqueries au sujet de leur aspect physique, le manque de respect de leur pudeur (porte du cabinet ouverte, attendre à moitié nue pendant de longues minutes ou la présence non approuvée d’internes), ou encore une infantilisation.

 

Beaucoup déplorent le manque d’explications sur les actes posés, ou même de s’être fait imposer des traitements sans connaissance des autres choix (comme par exemple la pilule contraceptive).

 

On peut ajouter à cela des actes effectués à chaque visite alors qu’ils ne sont pas nécessaires, comme les touchers vaginaux, ou les échographies vaginales.

 

Et enfin certaines dénoncent même des violences terribles lors des consultations telles que des allusions sexuelles et des propos dégradants.

 

L’une des pires violences obstétricales qui a été dénoncée ces dernières années est ce qu’on appelle « le point du mari ». Il s’agit, lorsqu’une femme a eu une épisiotomie lors de son accouchement (contre son gré parfois, d’ailleurs), de recoudre son vagin avec un point de trop afin qu’il soit plus serré.

 

Cela entraîne des douleurs lors des rapports sexuels et c’est un exemple ignoble de l’objetisation du corps des femmes.

 

 

Ecouter son ressenti

 

Pendant des milliers d’années, les corps des femmes étaient soignés par des femmes.

Seulement voilà, à la fin du Moyen-Age, on a commencé à brûler les sorcières et toute la médecine a été placée entre les mains des hommes.

 

gif les gynéco sont sadiques

 

Depuis, plus de place pour les ressentis et la connaissance de soi : ce sont des médecins, experts, qui savent pour nous.

 

Le corps humain est devenu une sorte de machine à réparer, et l’approche holistique de la santé recommence seulement maintenant à tenter de refaire surface.

 

On se doute bien que pour tout ce qui concerne la gynécologie, les femmes ont longtemps souffert et souffrent encore aujourd’hui de cette approche du corps comme un objet et de la méconnaissance de ses subtilités.

 

Il est donc extrêmement important pour ne pas subir de violences gynécologiques d’être à l’écoute de ses ressentis et de sortir du « médecin qui connait tout » et du « patient qui ne connaît rien ».

Si vous vous sentez mal à l’aise pendant une consultation ou un accompagnement, il y a forcément une raison et ce n’est pas une fatalité.

 

Sortir du silence

 

Aucune femme ne mérite de subir de la maltraitance gynécologique et la honte doit changer de camps.

Si vous en avez vécu, si vous pensez en vivre, si vous doutez de vos ressentis, n’hésitez pas à en parler.

 

Même si la parole se libère, il peut être difficile d’en parler à son entourage, mais des communautés de femmes se créent sur internet pour échanger.

C’est notamment le cas du groupe Facebook « Femina Salavare », créé par Sokona, la fondatrice de So Cup, et la blogueuse Peau Neuve.

 

Il s’agit d’un espace de discussion bienveillant entre femmes.

 

soutien violences gynécologiques

 

Trouver un professionnel à l’écoute

 

Et enfin, si ne vous sentez pas à l’aise avec votre gynécologue ou votre sage-femme, n’hésitez pas à en changer.

 

Le bouche à oreille fonctionne bien pour trouver un praticien respectueux, demandez conseil à vos amies, sœurs, cousines…

 

Vous pouvez également vous rendre sur le site / blog Gynandco pour trouver un professionnel ayant une approche respectueuse et inclusive.

 

 

Les violences obstétricales et gynécologiques sont une réalité. Pour que cela cesse, il est essentiel d’en parler et d’apporter du soutien aux victimes.

Alors n’hésitez pas à partager cet article !

 

Article rédigé par Marie