Pertes vaginales : reconnaître et comprendre les sécrétions

 

Le fond de la culotte tachée, ça vous dit quelques chose ? Perte blanche épaisse, perte jaune ou encore perte transparente gluante… On ne sait plus trop où donner de la tête !

Mais que savez-vous réellement de ces petites (ou grosses) taches que vous retrouvez dans vos sous-vêtements ? Il faut bien l’avouer, ces sécrétions n’ont rien de très glamour et on s’en passerait volontiers. Mais qui dit tache, ne veut pas forcément dire problème. Âmes sensibles s’abstenir car aujourd’hui, on passe vos pertes vaginales au microscope.

 

4 sécrétions vaginales à distinguer

 

  • Les leucorrhées

Plus couramment appelée « pertes blanches » à cause de leur couleur blanchâtre, les leucorrhées sont un mélange de glaire cervicale produite par les cellules du col de l’utérus, de bactéries, de cellules mortes provenant du vagin et de sécrétions vulvaires. Ce petit cocktail est tout à fait naturel et permet de maintenir votre flore vaginale au top du top !

La production de ces pertes blanches est étroitement liée à celle des hormones sexuelles, c’est pourquoi elles apparaissent généralement à la puberté et disparaissent à la ménopause.

 

  • Le spotting

Quelques petites taches de sang dans votre culotte en dehors de vos menstruations ? C’est ce qu’on appelle le spotting. De nombreuses femmes connaissent ces saignements vaginaux au cours de leur vie. Ils sont souvent le signe d’un dérèglement hormonal qui peut être dû à divers facteurs comme la contraception ou le stress. Il n’y a pas de raisons de s’inquiéter sauf si ce spotting est récurrent, surtout en période de grossesse. Dans ce cas, il est vivement conseillé de consulter son/sa praticien.ne !

 

  • La cyprine

La cyprine est un fluide, sécrété par les glandes de Bartholin situées de part et d’autre de la vulve, qui a pour fonction de lubrifier les parois vaginales et les petites lèvres afin de favoriser les rapports sexuels (la pénétration). Ce liquide est produit uniquement sous le coup d’une excitation sexuelle. Le manque de cyprine et donc de lubrification naturelle (qui n’est pas nécessairement lié à un manque d’excitation) est d’ailleurs la première cause de sécheresse vaginale.

 

  • L’éjaculation

Oui, oui, vous avez bien entendu (enfin lu), l’éjaculation féminine existe. Même si c’est une erreur de parler de sécrétion vaginale pour l’éjaculation, puisque le fluide expulsé est produit dans l’urètre, il nous semblait tout de même important de vous en parler. Ce liquide, dont la quantité varie d’une femme à une autre, est provoqué par la stimulation des glandes de Skene, qui survient en général à l’approche ou au moment de l’orgasme. Il faut tout de même noter que cette éjaculation n’est pas automatique (et même rare) et que de nombreuses femmes peuvent avoir un orgasme sans jamais l’expérimenter.

 

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Comprendre ses pertes blanches ou leucorrhées tout au long de son cycle

 

Perte blanche physiologique : quand tout va bien

 

Si vous avez bien suivi jusque-là, vous savez donc que les pertes vaginales (sécrétées par la glaire cervicale et la desquamation vaginale) concernent uniquement les leucorrhées, ces fameuses pertes blanches qui nous causent parfois bien des soucis.

Mais les pertes blanches, ce n’est pas forcément quelque chose de mauvais, bien au contraire. Lorsqu’elles sont physiologiques, elles sont plus que bénéfiques pour notre santé. Les pertes blanches ont en effet de nombreuses fonctions : elles favorisent le renouvellement des cellules vaginales, elles protègent notre flore intime contre les agressions extérieures et surtout, elles nettoient notre vagin naturellement. Si c’est pas du bon travail ça !!

 

Comment on sait que tout va bien ?

 

La couleur, la quantité et la texture des pertes blanches évoluent tout au long du cycle. C’est pourquoi, il n’est pas toujours évident de savoir si tout est normal. D’autant plus que les pertes blanches ne sont pas identiques chez toutes les femmes.

Ce que l’on a néanmoins identifié, c’est que les pertes vaginales sont majoritairement de couleur blanche, transparente voire jaune claire, crémeuses ou mousseuses et inodores. On observe aussi un changement de couleur et de texture au moment de l’ovulation ou pendant la grossesse.

 

Il faut savoir que la glaire cervicale est un des principaux indicateurs de fertilité. Sa quantité et sa consistance varient tout au long du cycle afin d’empêcher ou de favoriser la fécondation. Plus la phase ovulatoire approche, plus elle devient transparente et fluide (les pertes vaginales seront donc plus abondantes à ce moment-là), ce qui permet de faciliter le chemin des spermatozoïdes vers l’ovule. Au contraire, pendant la période infertile, la glaire est plus épaisse, plus blanche et peu abondante. Elle forme ainsi une barrière au niveau du col de l’utérus pour ne pas laisser passer les spermatozoïdes.

 

De plus en plus de femmes étudient de près ces sécrétions afin de mieux connaître leur cycle et surtout afin de reconnaître leur période fertile. Cette observation de la glaire cervicale, seule, ou combinée à d’autres indicateurs, peut donc tout à fait servir de méthode contraceptive naturelle ou aider à concevoir un bébé.

Parce que si vous en doutiez encore, le corps est vraiment bien fait !

 

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Comment identifier des pertes vaginales anormales ?

 

Quand les pertes blanches ne sont pas physiologiques, c’est que leur origine est pathologique, c’est-à-dire qu’elles sont dues à une infection (dont la plus fréquente est la vaginite). Et on sait bien toutes comme c’est désagréable !

Pour savoir si vos pertes sont anormales, il est bon de connaître vos pertes blanches physiologiques. Car tout changement de couleur, d’aspect et de quantité peut vous indiquer qu’il y a en effet un problème. Par exemple, si d’habitude vous avez un tout petit écoulement vaginal et que d’un seul coup, vous avez des pertes blanches abondantes (hors période d’ovulation), cela peut être un mauvais signe.

 

Généralement, les pertes vaginales pathologiques sont reconnaissables à plusieurs changements qui interviennent en même temps.

  • Une quantité supérieure à la normale
  • Une couleur verdâtre ou grisâtre
  • Une texture plus épaisse ou plus liquide que d’habitude, ou une texture grumeleuse
  • Une odeur forte (de poisson notamment)
  • Des démangeaisons, irritations, sensations d’échauffement, de picotements…

 

A partir du moment où vous ressentez une incommodité, ou que vos pertes vous inquiètent, il est vivement conseillé de prendre rendez-vous chez votre gynécologue ou même chez une sage-femme qui sera tout à fait apte à vous aider.

 

Que vous ayez des pertes blanches abondantes naturelles ou non, vous pouvez vous sentir gênée à cause de votre culotte trop mouillée (surtout en période d’ovulation). Si c’est le cas, vous pouvez tout à fait utiliser une culotte menstruelle pour flux léger qui absorbera parfaitement vos pertes vaginales sans pour autant assécher vos muqueuses (contrairement à un tampon qu’il ne faut surtout pas utiliser en dehors des menstruations).

Spoiler Alert : So’Cup va bientôt proposer des culottes menstruelles invisibles sous les vêtements (effet seconde peau), qui seront donc parfaites si vous avez des pertes abondantes !

 

Pourquoi mes pertes vaginales décolorent mes culottes ?

 

Les pertes vaginales sont déjà un sujet tabou dont on parle peu, mais alors les décolorations des sous-vêtements, c’est encore pire ! Pourtant, si c’est votre cas, rassurez-vous, vous êtes loin d’être la seule.

Ces décolorations, bien que franchement pas pratiques, n’ont rien d’anormales. Elles sont dues à l’acidité de nos pertes, et plus précisément du pH de notre vagin, qui se situe naturellement entre 3,8 et 4,5 (en dessous de 7, le pH est considéré comme acide, et au-dessus comme alcalin).

 

culotte menstruelle socup flore vaginale

 

7 astuces pour prendre soin de sa flore vaginale

 

  1. Ne pas mettre de produits nocifs dans son vagin, pas de parfums, de paillettes (si vous n’avez jamais entendu parler de cet effet de mode, tant mieux) ou de déodorants.
  2. Pas de douche vaginale ni de toilette intime agressive. On peut nettoyer la vulve avec un gel intime si on en ressent le besoin, mais rappelez-vous que le vagin est naturellement auto-nettoyant.
  3. Bien se laver les mains avant et après l’application d’une crème, d’un gel ou d’une protection menstruelle interne.
  4. Privilégier les sous-vêtements en fibres naturelles comme le coton biologique ou le Modal.
  5. Opter pour des protections menstruelles saines comme la cup ou la culotte menstruelle, qui vont recueillir le sang et ne pas assécher votre paroi vaginale.
  6. Faire une cure de probiotiques de temps en temps en prévention (notamment pendant une prise d’antibiotiques pour éviter une mycose) ou pour favoriser la restauration de votre flore vaginale suite à une infection. Attention les probiotiques ne sont pas un médicament, si vous avez déjà certains symptômes, il est impératif de consulter un/une gynécologue ou une sage-femme.
  7. Utiliser un préservatif avec son/ses partenaires pour éviter toute IST (si pas de test fait au préalable).

 

 

Nous espérons sincèrement avoir répondu à toutes vos interrogations et vos craintes. N’hésitez pas à partager cet article, car il est essentiel que chaque jeune fille et femme connaisse le fonctionnement de son corps pour que plus personne n’ait honte de ses pertes vaginales !