Comment reconnaître une marque body positive et inclusive ?

 

Peut-être que vous avez entendu parler d’inclusivité dans la mode éthique.

Et peut-être que vous vous êtes gratté le menton en mode « Mais qu’est-ce que c’est que ça, encore ? »

Faisons un petit décryptage ensemble !

 

Le mythe du corps parfait vs le body positive

 

Les dikats de la beauté

 

Ça n’aura sûrement échappé à personne : il existe une norme pour la beauté.

Aujourd’hui par exemple, est considérée comme « belle » une femme de taille moyenne, avec une poitrine et des fesses généreuses MAIS une taille très fine et de longues jambes, épilée, les cheveux longs, bruns, des yeux clairs, les lèvres charnues, souvent blanche, et jeune.

Plus on coche de cases sur cette liste, plus on se rapproche de la norme de la beauté.

Ce qui est drôle d’ailleurs, c’est que les normes bougent !

Il n'y a pas si longtemps, le summum de la beauté était représenté par les fameuses « top models » d’1m80, plutôt longilignes (mais si, rappelez-vous : Claudia Schiffer, Linda Evangelista, etc… !

 

Mais si la vision du corps parfait évolue, ce qui demeure, c’est que ces corps sont sur-représentés dans les médias : dans les films, séries, dans la musique, dans la télé-réalité, dans les magazines, sur les réseaux sociaux. Bref, absolument partout.

 

Ce sont ces corps qui font rêver, et donc qui font vendre.

D’ailleurs, vous pouvez relire notre article sur le « Male Gaze », le regard masculin, pour comprendre que ce sont généralement des hommes qui utilisent l’image des corps féminins dans le but de faire plaisir à d’autres hommes.

 

(Et qui choppe des complexes avec tout ça ? Nous, les femmes !)

 

Le problème de cette sur-représentation, c’est qu’on en arrive à croire que c’est la norme et à en oublier la pluralité des femmes.

On a beau savoir que de nombreuses photos sont retouchées, notre cerveau retient ce qu’il voit : des femmes avec toujours le même type de corpulence, la plupart du temps blanches, sans poils, sans problèmes de peau, sans vergetures, sans cellulite, sans rides.

Et pour certaines d’entre nous, la réalité de ce que nous renvoie le miroir est difficile à encaisser.

C’est le contraste qui est trop brutal.

 

So'Cup marque body positive et inclusive

 

Les grands oubliés

 

Une des conséquences de cette sur-représentation des corps « normés », c’est que les marques de vêtements (et le marché des protections menstruelles réutilisables n'est pas épargné) ou de cosmétiques s’adaptent à eux, au lieu de s’adapter à la diversité des femmes.

 

Quelques exemples :

  • Les tailles des vêtements

Combien de marques proposent des vêtements qui vont du 34/36 jusqu’au 40 ???

Une femme considérée en "sous poids", et encore plus en "surpoids" aura bien du mal à trouver des vêtements qui lui vont, et qui taillent bien pour elle.

  • Les peaux noires

Le maquillage est un vrai casse-tête pour les femmes qui ont la peau noire car tous les cosmétiques sont faits pour les peaux blanches. D’ailleurs, il en est de même pour les cheveux crépus, frisés, bouclés, mais heureusement, aujourd’hui quelques marques commencent à s’emparer du sujet !

Au niveau des vêtements, on peut noter qu’encore aujourd’hui, une marque qui mettra en avant un vêtement couleur « nude »… proposera en réalité un vêtement beige !

Eh oui, ce vêtement « nude » ne l’est pas pour une peau noire !

 

Alors qu’est-ce que c’est, finalement, une marque inclusive ?

 

C’est une marque qui va chercher à mettre en avant la diversité des corps et des ethnies, et à proposer des produits qui conviennent au plus grand nombre d’entre eux.

Ces marques vont proposer par exemple un large éventail de tailles et mettre en avant des modèles aux morphologies variées.

Finalement, c’est un peu ce que l’on retrouve dans le mouvement « body positive ».

Il peut également être intéressant de voir qui travaille pour ces marques. Y a-t-il parmi les employés, ou même la direction, des femmes multiples et variées ?

 

Attention à « l’éthique washing »

 

Cesser de donner des complexes aux femmes, c’est très bien, mais notons cependant un petit point de vigilance : la préoccupation pour le bien-être des femmes ne doit pas être uniquement une façade, et elle doit s’appliquer à toutes les femmes, autrement, c’est juste surfer sur la vague body positive.

 

En effet, il y a des femmes auxquelles on ne pense jamais quand on parle de mode… ce sont celles qui confectionnent les vêtements !

 

Ainsi : quelle est la cohérence de fabriquer un t-shirt « Girl Power » en taille 58 si celui-ci est fabriqué en Chine par des femmes esclaves Ouïghoures ?...

 

Vous avez 4h, je vous laisse réfléchir à la question de l'inclusivité, et on se retrouve bientôt pour un prochain article !