Les menstruations dans le monde

Les règles, qui sont, rappelons-le quand-même, le phénomène le plus naturel du monde et qui touchent la moitié de la population mondiale, sont malgré tout toujours un tabou.

Dans certains endroits du monde, les femmes sont même carrément rejetées et mises en danger pendant cette période.

Petit tour d’horizon de ces fausses croyances autour des règles.

Les règles des femmes dans le monde : les croyances ont la vie dure

Les règles au Népal

Dans certaines régions rurales du Népal, les femmes sont obligées de fuir le village pendant leurs règles car elles sont considérées comme « impures ».

Elles ont aussi la réputation de pouvoir jeter des sorts à ce moment de leur cycle, donc elles inspirent la peur. Cette tradition est appelée « le Chaupadi ». Elles se retrouvent alors dans des huttes, des granges, ou même des cabanes dans la forêt.

Ce rejet les expose à tous les dangers : le froid glacial, les morsures d’animaux, les agressions. Cette pratique a beau être illégale depuis 2005, elle est encore appliquée.

Les règles dans les religions monothéistes

Les femmes sont également considérées comme impures au moment de leurs menstruations. Dans l’Islam et selon certaines interprétations, les femmes ne peuvent pas entrer dans une mosquée ni faire certaines prières.

Il en est de même pour le judaïsme, où une femme qui a ses règles doit être séparée des hommes et pratiquer des bains de purification à l’issue de cette période.

Le christianisme a beau avoir rejeté le côté « souillure des femmes pendant les règles » en théorie, il n’en demeure pas moins que cette idée a la vie dure, perpétrée par les peuples et les clercs, ce qui empêche leur accès à de nombreuses fonctions.

Les règles en Afrique

Encore une fois, dans certaines régions d’Afrique, Kenya, Rwanda, Bénin et bien d’autres, les femmes sont considérées comme impures, souillées, pendant leurs menstruations. Et cela s’étend même à ce qu’elles touchent, comme dans d’autres régions du monde d’ailleurs, que ce soit la nourriture, le linge, ou les autres personnes.

Les règles en Amérique du Sud

A certains endroits comme la Bolivie, lors de leurs menstruations, les femmes sont considérées comme étant malades. Leurs protections périodiques ne doivent d’ailleurs surtout pas toucher quoi que ce soit, ni être mises dans la même poubelle que les déchets ménagers pour éviter une éventuelle contamination.

Les règles en Afghanistan

Les femmes ne se lavent pas durant leurs règles à cause d’une croyance disant que cela les rendrait stériles, avec tous les risques liés au manque d’hygiène que cela comporte.

Et les règles en France ?

Même si nous avons l’impression que ces croyances sont d’un autre âge, qui n’a jamais entendu qu’une femme ayant ses règles faisait tourner la mayonnaise ??? Cette croyance n’est pas si loin de nous, ni dans l’espace, ni dans le temps !

D’où viennent ces croyances sur les menstruations ?

Nous l’avons vu, peu importe la région du monde ou la religion, les règles des femmes sont frappées d’un énorme tabou, ou pire, de croyances extrêmement négatives !

Pourquoi et comment ces croyances ont-elles pu se généraliser ainsi ?

Dans un article du magazine « La Croix » du 10 août 2017, Roberte Hamayon, directeur d’études émérite à l’École pratique des hautes études, section des sciences religieuses, explique: « Les raisons de ces croyances sont avant tout symboliques, et liées à la capacité de reproduction des femmes. Avoir ses règles, c’est ne pas être enceinte et donc ne pas contribuer à la reproduction de la société. Dans énormément de sociétés, la stérilité a longtemps été une chose terrible. » Eh oui ! La volonté de contrôle du corps des femmes est encore une réalité partout dans le monde !

La femme est encore et toujours réduite à sa « fonction de femme » : la reproduction. Les femmes stériles ou ayant leurs règles ne servent donc à rien, elles n’ont pas d’utilité, il n’y a donc pas d’égards à avoir pour elles !

Les conséquences des croyances sur les règles

Les conséquences liées à toutes ces croyances au sujet de l’impureté des femmes sont, elles, bien réelle et terribles.

La santé des femmes

Evidemment, la santé des femmes est en jeu avec des conditions de vie et d’hygiène parfois catastrophiques pendant leurs règles. Rappelons que le manque de protections menstruelles adéquat ou une mauvaise utilisation de celles-ci peuvent être extrêmement dangereux pour la santé et provoquer des maladies terribles comme le syndrome du choc toxique.

La scolarisation

Dans de nombreuses régions du globe, les jeunes filles sont déscolarisées pendant leurs règles, que ce soit en raison de leur impureté supposée, du tabou, du manque d’information ou de la précarité menstruelle.

La honte et le tabou des règles

Dans de nombreuses familles, partout dans le monde, les règles sont un tabou qui ne peut être parlé, ce qui génère beaucoup de peurs chez les jeunes filles, beaucoup de moqueries qui entraînent un mal-être certain. Par conséquent, les bonnes pratiques ne se transmettent pas non plus.

tabou des règles

C’est sûr qu’à lire tout cela, on peut se dire légitimement qu’il y a encore bien du boulot autour de la démystification des règles des femmes ! Et c’est un enjeu de taille, car il va de paire avec la place des femmes dans la société ! Mais le changement est en route !

Depuis quelques années, principalement dans le monde occidental pour le moment, des femmes osent, enfin, parler de leurs règles sans tabou, et c’est un soulagement pour toutes les femmes.

Cette période du cycle commence laborieusement à être considérée pour ce qu’elle est : quelque chose d’aussi naturel que de dormir, manger ou respirer ! Une période qui soulève parfois des difficultés et des questionnements chez les femmes, auxquels il est important de répondre.

Petit à petit, les femmes regagnent la main sur la réappropriation de leurs corps, c’est un chemin difficile, mais nous sommes en marche !

Article rédigé par Marie