Fausse couche, un sujet encore tabou

La fausse couche est un arrêt spontané de la grossesse qui a lieu lors des cinq premiers mois (il existe des fausses couches précoces et des fausses couches tardives).

Saviez-vous qu’une grossesse sur cinq n’arrivait pas à son terme ? Les fausses couches touchent énormément de femmes, et pourtant, on en parle trop peu.

Tristesse, honte, culpabilité, sentiment de solitude, les raisons sont nombreuses, alors que c’est un phénomène malheureusement très courant.

Soit nous avons été touchées, soit nous connaissons toutes au moins une amie, une sœur, une collègue concernée.

 

Quels sont les symptômes de la fausse couche ?

L’interruption spontanée de grossesse entraîne souvent des saignements et des maux de ventre ou de dos.

Mais pas toujours ! Nombre de femmes apprennent lors de leur première échographie (voire même plus tard) que le développement du fœtus s’est spontanément arrêté, mais celui-ci n’a pas été expulsé.

 

Quelles sont les causes d’une fausse couche ?

Généralement, quand une fausse couche est isolée, ou lorsque c’est la première, les causes ne sont pas recherchées par le corps médical. On parle d’un problème isolé dans le développement du fœtus, et cela s’arrête là.

Mais lorsque qu’il y a des fausses couches à répétition, les raisons peuvent être diverses.

Parmi les plus fréquentes (la liste est bien entendu non exhaustive):

  • Les ovaires polykystiques ou toute difficulté au niveau endocrinien
  • Des problèmes chromosomiques
  • L’anatomie de l’utérus qui peut empêcher la nidation
  • Les facteurs environnementaux peuvent également être pris en compte : tabagisme, exposition à des perturbateurs endocriniens, etc…

 

La prise en charge médicale

Si l’expulsion de l’embryon a eu lieu, il faut néanmoins consulter pour faire un point gynécologique.

Mais comme nous le disions plus haut, il arrive que la grossesse soit interrompue et qu’il faille accélérer cette expulsion.

Il y a alors deux solutions :

  • Un médicament (le misoprostol), sous forme de comprimé qui va provoquer des contractions et l’ouverture du col de l’utérus.
  • Une intervention chirurgicale afin d’aspirer l’embryon par voie vaginale.

 

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Et le vécu des femmes ?

C’est étrange, cette histoire de fausses couches, car à la fois c’est très fréquent, et à la fois, on n’en parle pas.

A peine sait-on si une femme de notre entourage l’a vécu, et si on le sait, cela peut être très rapidement banalisé : « Allez il faut vous y remettre ! Tu vas vite retomber enceinte ! »

On gomme cette expérience comme si elle n’avait pas existé, comme si le seul résultat qui comptait, c’était l’enfant qui arrive au bout du compte.

On la minimise comme si c’était un petit rhume.

 

La souffrance des femmes

Les femmes qui font des fausses couches souffrent, dans leur chair et dans leur cœur.

Elles se posent mille questions, se tiennent souvent pour responsables, ont la sensation d’avoir échoué. Des réponses à leurs questions, justement, souvent elles n’en ont pas, car les causes ne sont pas recherchées, donc elles ont peur pour leur prochaine grossesse.

L’expérience peut être traumatisante pour certaines femmes.

Parfois, après avoir attendu une grossesse, après avoir tant espéré, leur grossesse s’interrompt et elles sont hospitalisées dans des services de maternité, avec les jeunes mamans, au milieu des pleurs des bébés nouveau-nés en bonne santé ! C’est d’une violence inouïe !

Le corps médical et l’entourage peuvent se montrer culpabilisants, rejetant la faute sur la femme (son comportement, ce qu’elle a fait, bu, mangé, etc… au début de sa grossesse) alors qu’ils n’en savent rien puisqu’encore une fois : les raisons sont rarement recherchées.

 

Et après une fausse couche ?

L’accompagnement médical est évidemment très important dans le cas d’une fausse couche.

Mais l’accompagnement psychologique devrait être systématiquement suggéré et l’entourage sensibilisé.

Abordons cette thématique librement comme étant une mauvaise expérience de la vie, sans avoir peur d’effrayer les femmes enceintes. Il y a encore des femmes qui ne comprennent pas quand elles font une fausse couche car personne ne leur en a parlé ! Le choc et la culpabilité en sont d’autant plus violents.

Une femme qui a subi une interruption spontanée de grossesse a juste besoin qu’on écoute sa tristesse à l’instant T, et qu’on ne la juge pas.

Ne nous aventurons pas dans des spéculations sur les causes, et encore moins sur la responsabilité supposée de la femme.

Accueillons avec elle sa tristesse sans penser au futur tout de suite. Elle n’en est pas là, elle a juste besoin pour le moment d’une oreille attentive et d’une épaule réconfortante.

Partageons nos expériences sans les minimiser et nier nos propres souffrances.

Et encore et toujours : prenons soin les unes des autres !

 

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